JACQUILLAT Emery

Président de la Camif

 

Emery Jacquillat est un entrepreneur, fondateur de Matelsom qu’il créée en 1995, à l’âge de 24 ans. Pionnier de la vente sur internet de literie, il fait le pari audacieux de relancer la Camif en 2009, en misant sur un nouveau modèle d’entreprise à mission, intégrant les parties prenantes et les enjeux du développement durable. Il fait le choix de miser sur la consommation et la production responsable en mettant au cœur de l’offre la Qualité, la fabrication Française et le Durable.

Engagé, audacieux, innovant, Emery Jacquillat croit qu’un nouveau modèle d’entreprise est à inventer pour Changer le monde !

En 2013, il remporte le prix Osons la Croissance Responsable et est élu Personnalité e-commerce de l’Année par le magazine LSA. En 2018, il reçoit le Prix de la Culture du Rebond au Printemps de l’Optimisme et fait partie des initiateurs de la Communauté des Entreprises à Mission.



Contribution Loi Pacte

En plein préparatif de la loi PACTE, après le Rapport Notat Sénard, et de nombreux débats éclairant sur les enjeux de l'entreprise du XXIème siècle, on peut se poser la question : les entreprises peuvent-elles se contenter de faire du profit ? Je suis convaincu que les entreprises qui n'auront pas de bénéfices sociaux et environnementaux avérés n'auront bientôt plus de bénéfice économique. Les entreprises sont les plus puissants leviers de transformation de la Société, à condition qu'elles contribuent activement au bien commun. C'est ce qu'attendent aujourd'hui les citoyens, les consommateurs, les collaborateurs (ces 3 "personnes" étant souvent les mêmes) : une création de valeur partagée, que les anglo-saxons appellent la Triple Bottom Line (People, Planet and Profit) : impact social, environnemental et économique positif !

En 2017, la Camif est devenue une des premières entreprises à mission en France, inscrivant sa mission dans ses statuts.

C’est l’aboutissement d’un modèle d’impact positif mis en place dès la relance de la Camif à Niort en 2009, où nous avons contribué à recréer 170 emplois, en misant sur la qualité, le “Made in France“ et le durable. La Camif est devenue une des 1èreB Corp en France en 2015, cette démarche de certification rendant compte de l’impact de son modèle d’affaires sur les enjeux sociaux et environnementaux. 

Notre opération « anti Black Friday », dénonçant cette journée de surconsommation anglo-saxonne, où nous avons fermé Camif.fr ce jour-là, n’aurait pas été possible sans le soutien de nos actionnaires, et donc sans le travail sur la raison d’être de la CAMIF : prôner une consommation plus responsable.

Concilier profit et impact positif, dans l’environnement hyperconcurrentiel du e-commerce, c’est ce qui permet à la Camif de résister face à de très gros concurrents, à l’instar d’Amazon.

 

Je suis pour la reconnaissance de l’entreprise à mission dans la loi PACTE. Si l’un des principaux objectifs affichés par le projet de loi PACTE, est de « réparer le capitalisme » et de rétablir la confiance entre les Français et leurs entreprises, nous appelons le gouvernement à aller jusqu’au bout des recommandations du rapport Notat-Sénard en instaurant dans la loi un cadre juridique clair et optionnel pour l’entreprise à mission, allant au-delà de la simple reconnaissance de la « raison d’être ».

Il y a dans le projet de loi PACTE une opportunité historique d’aider à se développer ces nouvelles formes d’entreprises qui pourraient bien dessiner les contours d’un capitalisme du XXIème siècle.

 

Quatre conditions sont clairement exprimées par le rapport Notat-Sénard :  

  • l’inscription dans les statuts d’une raison d’être dotée d’un impact social, sociétal ou environnemental positif, qui marque la reconnaissance par les actionnaires de l’intérêt propre de l’entreprise ;
  • l’intégration des enjeux de la mission au sein de la stratégie et de la gouvernance de l’entreprise, soit au sein de l’organe de contrôle principal soit par la création d’un comité ad hoc ;
  • la mesure de la mise en œuvre de la raison d’être, qui permet de passer de la simple affirmation d’une raison d’être à l’engagement responsable envers une mission, sa reddition publique par les organes de gouvernance et son évaluation par un tiers indépendant ;
  • la publication d’une déclaration de performance extra-financière plus complète, c’est l’intérêt des labels et certifications, comme BCorp.

 

La loi PACTE peut donner cette impulsion et apporter aux entreprises à mission la légitimité indispensable à leur déploiement. 

Pour cela, nous appelons instamment à ce que la Loi PACTE donne un cadre juridique clair à « l’entreprise à mission » !